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RDC : Polémique autour du non-paiement des fonctionnaires — la Banque centrale mise en cause à tort ?

Une controverse institutionnelle s’installe en République démocratique du Congo autour de la question sensible du non-paiement de certains fonctionnaires et agents de l’État. Au cœur du débat : la répartition des responsabilités entre le ministère des Finances et la Banque centrale du Congo (BCC). Plusieurs voix dénoncent une confusion, estimant que la responsabilité du paiement des salaires publics ne relève pas de la Banque centrale, mais exclusivement du gouvernement à travers le ministère des Finances.

Selon les principes des finances publiques, le rôle du Ministère des Finances de la République démocratique du Congo consiste à élaborer et exécuter le budget de l’État, mobiliser les recettes, engager les dépenses publiques et ordonner les paiements. Autrement dit, c’est cette institution qui décide quand et comment les dépenses — y compris les salaires des fonctionnaires — doivent être effectuées.

À l’inverse, la Banque Centrale du Congo joue un rôle essentiellement technique et monétaire. Elle assure la gestion de la monnaie nationale, veille à la stabilité financière, supervise le système bancaire et agit comme caissier de l’État. Cependant, elle ne décide pas des dépenses publiques et n’a pas la qualité d’ordonnateur du budget national.

Des observateurs estiment ainsi que vouloir attribuer la responsabilité du non-paiement des agents publics au gouverneur de la Banque centrale constitue une interprétation erronée du fonctionnement des institutions financières de l’État. En pratique, la Banque centrale exécute uniquement les paiements sur instruction des autorités budgétaires compétentes, après ordonnancement par le ministère des Finances.

Cette situation relance le débat sur la gouvernance financière et la coordination entre institutions économiques en RDC. Dans un contexte social marqué par des attentes fortes des agents publics, la clarification des responsabilités apparaît essentielle afin d’éviter toute confusion au sein de l’opinion publique.

Pour plusieurs analystes, la question centrale demeure donc moins celle de l’institution qui paie que celle de la disponibilité effective des ressources budgétaires et de la chaîne de la dépense publique, qui relève avant tout de la gestion gouvernementale.

La polémique actuelle met en lumière la nécessité d’une communication institutionnelle claire afin de préserver la confiance des citoyens dans les mécanismes de gestion des finances publiques du pays.

MIKE KANIKI