AccueilActualitéKongo Central : Grace Bilolo contre-attaque face aux accusations de détournement

Kongo Central : Grace Bilolo contre-attaque face aux accusations de détournement

Le gouverneur du Kongo Central, Grace Nkuanga Bilolo, sort de son silence. Mis en cause dans un dossier de présumées malversations financières, le chef de l’exécutif provincial rejette fermement les accusations et dénonce une procédure qu’il juge opaque et non contradictoire.

À l’origine de la polémique, une requête de la Cour de cassation adressée à l’Assemblée provinciale du Kongo Central, sollicitant l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre le gouverneur. Cette démarche fait suite à une mission de contrôle menée l’an dernier par l’Inspection générale des finances (IGF), laquelle soupçonne un préjudice financier évalué à près d’un million de dollars américains.

S’exprimant sur les ondes de Top Congo FM, Grace Bilolo affirme n’avoir jamais été officiellement destinataire du rapport de l’IGF. « Jusqu’à ce jour, aucun rapport ne nous a été signifié », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main les accusations de détournement de deniers publics et de non-versement des recettes fiscales à la province.

Au-delà du fond, le gouverneur pointe de graves irrégularités dans la forme. Selon lui, le principe fondamental du débat contradictoire, garant de toute procédure équitable, n’a pas été respecté. Il soutient n’avoir jamais été invité à se prononcer sur les conclusions du rapport incriminé. « En tant que gouverneur, je n’ai jamais eu de débat contradictoire autour de ce dossier », insiste-t-il, indiquant que les échanges avec les inspecteurs de l’IGF se seraient limités au seul ministre provincial des Finances.

Pour l’autorité provinciale, les faits qui lui sont reprochés relèvent davantage de la rumeur que d’une accusation juridiquement établie. En l’absence de notification officielle, Grace Bilolo estime que les charges brandies contre lui manquent de base légale solide.

Sur le plan institutionnel, le dossier place désormais l’Assemblée provinciale du Kongo Central au centre du jeu. En vertu du privilège de juridiction dont bénéficie le gouverneur, les députés provinciaux doivent se prononcer sur l’autorisation ou non des poursuites. Une décision lourde de conséquences, à la fois judiciaires et politiques.

Dans une province stratégique, cette affaire intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions autour de la gouvernance et de la gestion des finances publiques. Entre exigence de redevabilité et risque de crispation politique, le choix des élus provinciaux sera scruté de près, tant à Kinshasa qu’au Kongo Central.

Mike Kaniki