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RDC-politique : Enlèvement nocturne du professeur Aubin Minaku, une interpellation politique au cœur d’une crise démocratique.

Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier 2026, Monsieur Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila, Président honoraire de l’Assemblée nationale, a été enlevé à son domicile privé à Kinshasa par des éléments des forces de sécurité congolaises sans qu’aucune charge officielle ni motif juridique n’ait été communiqué par l’État d’où on croirait à une violence flagrante du caractère démocratique de notre pays.

Selon plusieurs médias locaux et sources concordantes :

L’interpellation s’est déroulée tard dans la nuit, dans la résidence du professeur Aubin Minaku située dans le quartier Ma Campagne (commune de Ngaliema), peu après minuit.

Des hommes en uniforme ont bouclé la maison et emmené cette haute personnalité politique du pays vers une destination inconnue. À ce stade, ni le lieu de détention ni les raisons juridiques de l’acte commis n’ont été officiellement divulgués.

Les autorités n’ont fait aucune communication publique pour justifier cette opération, laissant place à de nombreuses interrogations et accusations quant à son caractère arbitraire.

L’ enlèvement du vice président du PPRD s’inscrit dans un contexte politique fortement polarisé en RDC :

En décembre 2025, Emmanuel Ramazani Shadary — secrétaire permanent du PPRD et ancien candidat à la présidentielle — avait été arrêté dans des circonstances similaires, en plein quartier résidentiel, par les forces de sécurité.

Dans les semaines précédentes, des cadres importants du PPRD ont fait l’objet d’interpellations sans transparence publique, intensifiant un climat de pression judiciaire et d’incertitudes politiques.

L’ancien président Joseph Kabila, figure tutélaire du PPRD, a lui-même été condamné par contumace par la justice militaire pour des accusations graves incluant soutien présumé à une rébellion armée, ce que ses partisans dénoncent comme une instrumentalisation politique.

Le PPRD (branche diaspora et cadres locaux) a fermement condamné l’arrestation .Le parti qualifie les faits d’arrestation arbitraire et d’enlèvement politique, dénonçant une escalade répressive visant tant la direction du PPRD que l’opposition dans son ensemble.

Le PPRD a exigé la libération immédiate et sans condition du professeur Aubin Minaku, d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’autres compagnons arrêtés, et demande un respect effectif des libertés fondamentales et de l’État de droit en RDC.

Des voix au sein du parti décrivent ces opérations comme une « stratégie de terreur » pour réduire au silence les adversaires politiques.

de l’autre côté la société civile en a haussé la voix à travers l’avocat et président de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a également condamné l’interpellation du professeur Aubin Minaku. Il l’a qualifiée de dérive antidémocratique grave, appelant les autorités à respecter la Constitution congolaise et les droits politiques garantis par l’État de droit.

Absence de justification officielle

À ce jour :

Aucune autorité judiciaire ou gouvernementale n’a précisé la nature des charges retenues contre le vice président du PPRD, le Professeur Aubin Minaku.

Les services de sécurité n’ont pas communiqué sur la destination de sa détention ou les procédures en cours.

Cette opacité nourrit les interrogations sur les motivations réelles de cette arrestation et ravive les critiques quant à l’utilisation possible de l’appareil judiciaire et sécuritaire à des fins politiques.

L’arrestation d’une personnalité politique de premier plan telle qu’Aubin Minaku :

Renforce l’image d’une crise institutionnelle et politique profonde en RDC.

Pose un sérieux questionnement sur le respect des libertés démocratiques et les garanties constitutionnelles dans le pays.

Pour beaucoup d’observateurs, elle symbolise une pression accrue contre l’opposition politique et les héritiers du courant politique incarné par Joseph Kabila, exacerbant un climat déjà fragile.

L’affaire Aubin Minaku reste entourée d’un voile d’opacité. Sans communication officielle, sans cadre juridique clair ni explication transparente de la part des autorités, cette arrestation suscite une vive réaction politique, des critiques de la société civile et une forte inquiétude pour la situation des droits démocratiques en République démocratique du Congo.

Mike Kaniki