À la suite de l’opération militaire américaine qui a conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a lancé un message fort aux nations africaines, les exhortant à tirer une leçon stratégique de cet événement mondial.
Le 3 janvier 2026, des forces américaines ont mené une opération contre le Venezuela qui s’est soldée par l’arrestation de Maduro et de son épouse, Cilia Flores, accusés par la justice des États-Unis de narcoterrorisme — accusations que Maduro a vigoureusement rejetées devant un tribunal de New York, se déclarant « innocent et prisonnier de guerre ».

Pour Museveni, cet épisode constitue un réveil géopolitique pour le continent africain. Dans des déclarations relayées par plusieurs médias, il a estimé que l’incident illustre la vulnérabilité des États face aux grandes puissances lorsqu’ils ne disposent pas de capacités de défense solides.
Le président ougandais a ainsi souligné que l’Afrique doit renforcer sa souveraineté stratégique, notamment en développant des capacités militaires modernes et intégrées. Il a évoqué l’importance pour le continent d’investir dans des forces capables d’opérer sur plusieurs domaines — terre, mer, air et espace — afin de dissuader toute ingérence extérieure et de protéger les intérêts africains.
Dans ses remarques, Museveni a fait valoir que si l’Afrique disposait d’une défense unifiée et technologiquement avancée, elle pourrait, si nécessaire, contester toute tentative d’intervention étrangère sur son sol. Il a critiqué l’absence d’unité entre les nations africaines, en particulier en matière de défense, et plaidé pour une coopération plus poussée.
Ses propos interviennent dans un contexte où plusieurs pays africains, ainsi que des organisations régionales, ont condamné l’action américaine au Venezuela, arguant qu’elle viole le droit international et la souveraineté des États. L’Ouganda, en tant que président du Mouvement des non-alignés (NAM), a notamment dirigé une majorité de membres de l’organisation dans une déclaration critiquant l’intervention.
Dans la même veine, Museveni a encouragé les dirigeants de la région est-africaine à aller de l’avant avec la création d’une structure de défense commune. Une telle initiative, selon lui, renforcerait non seulement la sécurité collective de la sous-région, mais serait également un pas vers une intégration politique et stratégique plus large sur le continent.
L’appel de Museveni s’inscrit dans un débat plus large sur l’avenir de l’Afrique face à un monde multipolaire et parfois conflictuel, où les questions de souveraineté, de sécurité et de coopération sont plus que jamais essentielles.
Pour de nombreux observateurs africains, la capture de Maduro — qu’ils perçoivent comme une violation du droit international par une grande puissance — met en lumière la nécessité pour les États africains de renforcer leurs défenses et de parler d’une seule voix dans les affaires de sécurité internationale.
Mike Kaniki
