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RDC / Goma : répression sanglante d’une marche pacifique, la situation humanitaire vire au drame

La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a été le théâtre d’une répression d’une violence inouïe lors d’une marche pacifique organisée ce jeudi 2 janvier 2026. Les manifestants dénonçaient la présence rwandaise en République démocratique du Congo ainsi que l’activisme des groupes armés soutenus de l’extérieur. Le bilan humain provisoire est particulièrement alarmant et plonge la région dans une crise humanitaire aiguë .

Selon plusieurs sources locales concordantes, la marche, initialement pacifique, a été brutalement dispersée. Plus de 255 civils auraient été exécutés, tandis que près de 890 personnes ont été grièvement blessées. De nombreuses arrestations arbitraires ont également été signalées, sans information officielle sur le sort des personnes interpellées.

Les témoignages recueillis sur place font état de tirs à balles réelles contre des civils non armés, y compris des femmes et des jeunes, suscitant une vive indignation au sein de la population.

Les regards se tournent vers les groupes armés opérant dans la région, en particulier l’AFC/M23, accusé par la société civile et plusieurs observateurs d’être à l’origine de ces violences. Ces groupes, bénéficiant d’un soutien extérieur présumé, continuent d’alimenter l’instabilité chronique dans l’est de la RDC, au mépris du droit international humanitaire.

Cette nouvelle flambée de violence ravive les accusations persistantes d’ingérence étrangère et de violations massives des droits humains.

Au-delà du lourd bilan humain, la situation à Goma entraîne des conséquences dramatiques :

Déplacement massif de populations : des milliers de familles ont fui leurs quartiers par crainte de nouvelles violences.

Destruction des infrastructures : plusieurs routes commerciales et voies d’approvisionnement agricole ont été endommagées, paralysant l’économie locale.

Crise alimentaire imminente : la rupture des circuits d’approvisionnement fait craindre une pénurie alimentaire, accompagnée d’un risque accru de maladies liées à la malnutrition et aux mauvaises conditions sanitaires.


Face à l’ampleur du drame, la population de Goma, la société civile congolaise et plusieurs organisations locales appellent la communauté internationale à sortir de son silence. Des mesures urgentes sont exigées pour protéger les civils, faire cesser les violences armées et mettre fin à cette crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.

Alors que Goma panse ses plaies, une question demeure : jusqu’à quand l’est de la RDC continuera-t-il à payer le prix de l’indifférence et des conflits imposés ?

Mike Kaniki