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RDC : Le Gouvernement valide les chiffres clés de la crise humanitaire 2026 et appelle à une mobilisation urgente des ressources

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a approuvé ce lundi, lors d’une séance de haut niveau organisée au Salon Rouge de l’Immeuble intelligent, les chiffres clés et les besoins humanitaires pour l’année 2026. Cette rencontre stratégique, présidée par la Ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a réuni les membres du groupe de travail humanitaire, les organisations nationales et internationales ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Des données « justes et crédibles » pour une crise qui s’aggrave

Dès l’ouverture des travaux, la Ministre d’État a mis l’accent sur l’importance de disposer de données rigoureuses, dans un contexte où les financements humanitaires enregistrent une baisse constante. Elle a rappelé que la réduction des ressources impose une gestion plus transparente et un plaidoyer plus vigoureux afin de mobiliser les fonds indispensables pour éviter l’effondrement de nombreux services vitaux en 2026.

Les partenaires humanitaires ont dressé un tableau particulièrement préoccupant de la situation. En 2025, l’insécurité persistante, l’expansion des zones de conflit, la circulation réduite sur les routes stratégiques et les déplacements massifs ont accentué les vulnérabilités dans plusieurs provinces. Avec un plan humanitaire financé seulement à hauteur de 20 %, les conséquences ont été lourdes : rations alimentaires réduites, suspension de traitements médicaux essentiels, baisse de la qualité des services de santé et protection.

14,9 millions de personnes dans le besoin en 2026

Les chiffres présentés et validés par le Gouvernement sont alarmants :

14,9 millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire en 2026,

dont 7,3 millions seront directement ciblées par les interventions,

pour un budget requis de 1,4 milliard USD.

Le pays enregistre également :

5,35 millions de déplacés internes,

4,09 millions de retournés,

et un total de 2,68 millions de nouveaux déplacés pour la seule année 2025.

La priorité pour 2026 sera accordée à 4,7 millions de personnes à travers 19 provinces particulièrement touchées par la malnutrition aiguë, l’insécurité alimentaire et les risques sanitaires.

Appel des bailleurs et recommandations des acteurs nationaux

Représentant les bailleurs internationaux, Jürg Schneider a salué les efforts techniques ayant permis d’obtenir des chiffres consolidés et cohérents. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une contribution gouvernementale plus visible et d’une activation effective de la Caisse nationale de solidarité, afin de renforcer la confiance des partenaires.

Schneider a également souligné l’importance d’améliorer les mécanismes de transparence pour les ONG nationales, un élément clé pour garantir une meilleure allocation des fonds.

De son côté, le CONAFOHD (Conseil national des ONG humanitaires de développement) a exhorté les autorités à lever les lourdeurs administratives et à garantir un accès humanitaire sécurisé sur l’ensemble du territoire. « Chaque retard administratif est un dollar qui ne sauve pas une vie », a rappelé l’organisation.

Des signaux d’espoir, mais une urgence persistante

En clôturant la séance, la Ministre d’État Ève Bazaiba a rendu hommage à la résilience des équipes humanitaires œuvrant « dans des conditions extrêmement difficiles » et a fait part d’un espoir modéré : celui de voir les déplacés rentrer progressivement chez eux, comme elle l’a constaté lors de son récent déplacement dans la province de la Tshopo.

Elle a également salué la fin officielle de l’épidémie d’Ebola et les avancées dans la lutte contre la variole du singe et le choléra. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité urgente de rouvrir le couloir humanitaire, selon des mécanismes concertés et validés par le Gouvernement, afin de garantir une réponse efficace et coordonnée dès le début de l’année 2026.

En filigrane, la séance de ce lundi illustre un double défi pour la RDC : gérer une crise humanitaire qui s’aggrave, tout en mobilisant un financement mondial en recul. L’année 2026 s’annonce donc déterminante pour la protection des millions de Congolais dont la survie dépendra de la capacité du pays et de ses partenaires à agir ensemble.

Mike Kaniki