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RDC : Le Gouvernement accélère la réforme du secteur des assurances pour mieux répondre aux risques humanitaires

La Ministre d’État, Ministre des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba Masudi, a présidé le vendredi 5 décembre 2025 à Kertel Suites Hôtel une importante réunion tripartite axée sur le rôle stratégique des assurances dans la prévention et la gestion des catastrophes en République démocratique du Congo.
Cette rencontre a réuni l’administration des Affaires sociales, plusieurs ministères sectoriels ainsi que des représentants du secteur des assurances.

La séance s’est tenue alors que le pays fait face à une situation humanitaire d’une ampleur exceptionnelle : 14,8 millions de personnes vulnérables, nécessitant des interventions évaluées à plus d’un milliard de dollars.Conflits armés, aléas climatiques, épidémies, accidents de transport, incendies et naufrages constituent autant de menaces auxquelles les populations restent dangereusement exposées.

Face à ces défis, la Ministre d’État a insisté sur la nécessité de doter le pays d’un dispositif d’assurance robuste, opérationnel et adapté aux réalités nationales afin d’alléger la pression sur les finances publiques et de garantir une protection sociale durable.

Depuis sa libéralisation en 2015, le marché de l’assurance connaît une dynamique nouvelle grâce aux réformes impulsées par le Président de la République et le Gouvernement.
L’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA) a réitéré son engagement à soutenir cette vision en renforçant la surveillance, en vulgarisant les assurances obligatoires et en stimulant la création de produits plus accessibles aux ménages et aux institutions.

Les assureurs présents ont pointé du doigt l’un des obstacles majeurs du secteur : le non-respect des assurances obligatoires, notamment :

dans le transport routier et fluvial,

dans le secteur scolaire,

dans certaines activités économiques à risques.


Ils ont exprimé leur volonté de travailler aux côtés de l’État pour mettre fin à ces pratiques, tout en proposant des couvertures adaptées et financièrement accessibles aux familles, aux entreprises et aux institutions publiques.

Le représentant du Ministère de l’Éducation nationale, Godfrey Talabulu, a rappelé l’urgence d’intégrer l’assurance scolaire dans le système éducatif national.
Avec 30 millions d’élèves, 800 000 agents éducatifs et plus de 150 000 écoles, le secteur reste extrêmement exposé aux accidents, catastrophes naturelles et incidents divers.
Un partenariat renforcé avec les assureurs permettra de réduire les risques et d’améliorer la prise en charge des situations d’urgence.

Autre annonce majeure : le lancement prochain de l’assurance maladie obligatoire, qui garantira notamment la prise en charge totale des indigents, soit environ 15 % de la population.
Un dispositif de coordination est également prévu pour assurer la continuité des soins, en particulier pour les déplacés internes et les familles vulnérables affectées par les crises humanitaires.

Le secteur de la santé exige en outre une présence régulière et responsable des gestionnaires, condition sine qua non pour éviter les dysfonctionnements et les exclusions.

Au terme des échanges, la Ministre d’État Ève Bazaiba Masudi a insisté sur la nécessité de concrétiser les engagements pris.
Elle a appelé à :

la formalisation d’un protocole d’accord,

l’accompagnement juridique des réformes,

l’intensification des contrôles,

et la mise en place d’un cadre clair de sanctions pour les opérateurs défaillants.


Elle a également rappelé que les catastrophes récentes — naufrages, accidents de transport ou incidents liés au non-respect des normes de sécurité — ont souvent mis en lumière les graves défaillances de certains opérateurs, entraînant des dépenses considérables à la charge de l’État.

Cette première séance marque le début d’un vaste chantier de réforme visant à bâtir une véritable culture d’assurance en RDC.
L’objectif est clair : rendre les assurances réellement opérationnelles, renforcer la protection des citoyens, responsabiliser les opérateurs et réduire les impacts financiers des catastrophes sur le budget national.

Le Gouvernement, les assureurs et les ministères sectoriels s’orientent désormais vers une collaboration renforcée qui pourrait transformer en profondeur la gestion des risques humanitaires dans le pays.

Mike Kaniki