Doha, 15 novembre 2025 — Un pas majeur vient d’être franchi dans le processus de résolution du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo. Le gouvernement congolais et les représentants de l’AFC–M23 ont signé, ce samedi à Doha, un accord-cadre destiné à encadrer la reprise des négociations en vue d’un accord de paix global.
Selon des informations obtenues par Actualité.CD, il ne s’agit pas encore de l’accord final, mais d’un document de cadrage qui fixe les règles du jeu, la méthodologie ainsi que le calendrier des discussions à venir. Plusieurs protocoles spécifiques doivent encore être discutés dans les deux semaines suivantes.
Ce document prépare la rédaction de plusieurs protocoles essentiels pour avancer vers une paix durable. Ils porteront sur :
L’accès humanitaire dans les zones touchées par le conflit
Les arrangements sécuritaires et le DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion)
La restauration de l’autorité de l’État dans les zones encore occupées
Le retour des déplacés internes et réfugiés
La relance économique des régions affectées
La mise en œuvre d’une justice transitionnelle pour les victimes
Ces protocoles constituent les grands axes du futur accord de paix global.
D’après plusieurs médias internationaux, dont Afrique Intelligence, l’accord-cadre met un accent particulier sur la résolution des causes structurelles du conflit, notamment :
La lutte contre toute forme de discrimination
Le renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale
L’instauration d’une gouvernance inclusive, intégrant toutes les composantes de la société civile
Une approche jugée indispensable pour garantir une paix véritablement durable et prévenir la résurgence de violences.
La signature de ce document est saluée comme un tournant décisif dans les efforts diplomatiques menés depuis plusieurs mois. Toutefois, malgré cette avancée, la situation sur le terrain demeure très préoccupante, notamment au Sud-Kivu, où les FARDC et l’AFC-M23 se renvoient mutuellement la responsabilité de violer le cessez-le-feu.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes : elles permettront non seulement de négocier les protocoles complémentaires, mais aussi de vérifier l’engagement réel des parties à faire taire les armes.
Même si de nombreux défis restent ouverts, cet accord-cadre représente une étape essentielle vers une paix durable et existentielle dans l’Est de la RDC. Il ouvre une fenêtre de dialogue structurée, précise et suivie, susceptible de transformer la dynamique du conflit.
Les populations de l’Est, premières victimes des violences depuis plus de deux décennies, attendent désormais des actes concrets pour tourner enfin la page des souffrances.
Mike Kaniki
