Khartoum / La Haye, 6 novembre 2025 – New Time News. La Cour pénale internationale (CPI) a brisé le silence. Dans un communiqué cinglant publié mardi, son procureur Karim Khan a annoncé l’ouverture de nouvelles enquêtes sur les massacres de civils au Darfour et dans la région de Khartoum, où les combats entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) continuent de faire rage.

“Les crimes commis au Soudan ne peuvent rester impunis. La justice internationale ne détournera plus le regard”, a déclaré le procureur lors d’une conférence de presse à La Haye.
Depuis avril 2023, la guerre a déjà fait plus de 15 000 morts et 8 millions de déplacés, selon les Nations unies. Les rapports d’ONG font état de viols massifs, d’exécutions sommaires et de villages entiers rayés de la carte.
La réaction de la CPI intervient alors que les pourparlers de paix, menés au Caire sous l’égide de l’Union africaine, piétinent. Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée, accuse les FSR de “terrorisme d’État”, tandis que le général Hemedti rejette toute responsabilité et dénonce “une campagne de désinformation internationale”.
Pour les familles des victimes, la CPI représente un dernier espoir. “Nous avons enterré nos proches sans justice ni reconnaissance. Si La Haye peut rouvrir les dossiers, qu’elle le fasse maintenant”, implore Halima Musa, réfugiée dans un camp au Tchad.
L’enjeu dépasse le Soudan : il s’agit aussi de la crédibilité même du droit international dans une région où la violence semble être devenue la seule loi.
Salvatrice Kaloni
