Kinshasa, 7 novembre 2025 (New Time News) — Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) vient de lancer une réforme majeure de la fiscalité du secteur minier, avec à la clé un nouveau cadre de taxation plus strict et plus transparent pour les entreprises extractives. Le Centre Carter, partenaire du ministère des Mines, vient d’en faire les grandes annonces à Lubumbashi devant les opérateurs et les autorités provinciales.
Selon les nouvelles orientations présentées, plus de soixante taxes et redevances sont recensées dans le secteur, mais seules une dizaine d’entre elles « contribuent significativement aux recettes», a indiqué le directeur de recherche du Centre Carter. Parmi les mesures phares : la suppression d’exonérations jugées injustifiées, la mise en place d’un guichet unique pour la collecte fiscale minière, et l’obligation pour les sociétés extractives de verser une provision pour la réhabilitation des sites. (mines.cd)

« Il est impératif que le Congolais moyen voie les retombées de nos ressources naturelles. L’exploitation ne peut pas être synonyme d’appauvrissement collectif », a déclaré le ministre des Mines, lors de la cérémonie d’ouverture. De son côté, un opérateur international engagé dans le cobalt a estimé que « ces nouvelles règles vont alourdir les coûts, mais créer une plus grande légitimité pour l’investissement à long terme ».
Cette réforme arrive dans un contexte où le secteur minier est sous pression : les prix des minerais stratégiques comme le cobalt connaissent des fluctuations, les demandes de transparence se multiplient, et les gouvernements veulent « capturer une plus grande part de la valeur ajoutée sur place ».
Cependant, des interrogations restent. Le partage des recettes entre l’État central, les provinces et les entités territoriales décentralisées demeure flou. Le texte de 2011 prévoit 50 % pour l’État central, 25 % pour la province, 15 % pour l’entité territoriale, et 10 % pour le Fonds minier des générations futures. De plus, certaines exonérations déjà accordées risquent d’être remises en cause, ce qui pourrait freiner des projets en cours.
Pour l’économie congolaise, la réussite de cette réforme pourrait signifier une hausse de recettes publiques, la réduction de la dépendance aux hydrocarbures, et une plus grande crédibilité vis-à-vis des investisseurs internationaux. Mais pour les communautés locales, l’enjeu est ailleurs : que verra-t-on « dans mon village » ? Comme le relève une collecte du Centre Carter, l’absence de retombées visibles reste un frein à l’acceptation sociale de l’exploitation minière.
En clair : la RDC entre dans une nouvelle phase où l’exploitation de ses ressources naturelles est soumise à des règles plus strictes le défi sera de faire que ces règles produisent des effets tangibles, et non simplement des textes sur papier.
Salvatrice Kaloni
