Kinshasa, 6 novembre 2025 (New Time News) — Un nouvel accord entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Fonds monétaire international (FMI) a été conclu cette semaine, ouvrant la voie à la poursuite des réformes économiques, tout en mettant en lumière l’ampleur des défis liés à la sécurité dans l’Est du pays. (Primature)

Au terme de la mission du FMI conduite du 22 octobre au 5 novembre à Kinshasa et au Haut-Katanga, le chef de mission, Calixte Ahokpossi, a déclaré que « le conflit armé dans la partie Est continue d’exercer des pressions importantes sur les finances publiques ». Malgré ce contexte, l’État congolais a réussi à limiter le déficit budgétaire « base caisse » en dessous du plafond prévu pour fin juin 2025 grâce à des économies réalisées sur le train de vie de l’État et à une meilleure collecte des recettes.
Le gouvernement s’engage désormais à bâtir le projet de loi de finances 2026 en s’appuyant sur trois axes : « continuation de la rationalisation des dépenses courantes non prioritaires, suppression des subventions aux carburants dans le secteur minier, et non-renouvellement des exonérations de TVA et de droits de douane pour certains produits alimentaires de base ».

Pour de nombreux analystes, cet accord est un signe positif : l’économie congolaise pourrait enregistrer une croissance de plus de 5 % en 2026 si la stabilité est préservée. Toutefois, la nécessité de mobiliser des ressources importantes pour la sécurité et la lutte contre l’épidémie d’Ebola dans le Kasaï rend l’équation budgétaire particulièrement délicate.
Sur le terrain, certaines communautés expriment un mélange d’espoir et de scepticisme. À Lubumbashi, un commerçant témoigne : « On voit les promesses de relance mais dans les rues, l’électricité reste instable, les prix montent. » Tandis qu’à Goma, une ONG locale rappelle que « sans paix durable, ces réformes risquent d’être balayées par la violence ».
En résumé, la RDC s’engage dans une phase de redressement conditionnel. L’accord avec le FMI peut apporter un signal de confiance aux investisseurs, mais le succès dépendra surtout de la capacité de l’État congolais à traduire ces engagements en actions concrètes, et à contenir les coûts sécuritaires.
Salvatrice Kaloni
