Mopti, 6 novembre 2025 – New Time News. À Mopti, la nuit n’a plus de fin. Depuis plus d’un mois, les habitants de cette grande ville du centre du Mali vivent sans électricité. Les générateurs se sont tus, les stations-service sont à sec, et les rues s’éclairent à la lueur des bougies.

Tout a commencé début octobre, lorsque des groupes jihadistes ont bloqué les routes menant à la centrale de Sévaré. Les camions de carburant n’ont jamais pu atteindre la ville, piégés par un embargo total imposé par les hommes du JNIM, affiliés à Al-Qaïda.
À l’hôpital régional, la situation est critique. Les réfrigérateurs médicaux sont hors service. “Nous avons perdu tous nos vaccins et nos poches de sang. On opère à la lampe torche”, raconte le docteur Souleymane Diallo, la voix cassée par la fatigue.
Les marchés sont déserts. Le poisson, autrefois symbole de prospérité dans cette région du fleuve Niger, se fait rare, faute de moyens de conservation. Les habitants, désespérés, tentent de s’organiser avec des panneaux solaires artisanaux ou des lampes à piles, mais cela ne suffit pas.
Les autorités de Bamako ont promis une intervention militaire pour rouvrir les routes, sans succès jusqu’ici. L’armée malienne, déjà engagée sur plusieurs fronts, peine à sécuriser la région. “Le gouvernement a oublié Mopti”, déplore Mariam Traoré, commerçante, contrainte de fermer sa boutique.
Cette panne géante n’est pas qu’une question de courant : c’est le symbole d’un État débranché, incapable d’assurer les services de base dans ses propres provinces.
Salvatrice Kaloni
