Bunia, Province de l’Ituri, 6 novembre 2025 (New Time News) — Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), l’ombre des groupes armés pèse toujours sur les civils. Si les forces de sécurité renforcent leurs capacités — plus de 200 militaires des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont été formés entre le 6 octobre et le 5 novembre à Diango les défis restent immenses. (Radio Okapi)
Au camp d’instruction militaire de Diango, situé à quelques kilomètres de Bunia, les soldats ont suivi un programme intensif sur quatre semaines : maniement des armes, techniques d’embuscade, survie en zone rouge, et droit international humanitaire. Des instructeurs de la MONUSCO venus du Népal, d’Indonésie et du Bangladesh ont encadré la session. Le général Johnny Luboya, gouverneur militaire de l’Ituri, s’est adressé aux soldats lors de la cérémonie de remise des brevets :
« Vous tenez la vie et la sécurité de nos frères et sœurs. Soyez dignes de cette responsabilité. »
Pourtant, une récente alerte de la Comité international de la Croix‑Rouge (CICR) rappelle que « la province est encore le théâtre d’un cycle meurtrier qui affecte directement les civils ». Des attaques, embuscades et affrontements sporadiques continuent de troubler la vie quotidienne des habitants et de fragiliser l’autorité de l’État.

Depuis le début de 2025, des milliers de personnes ont été déplacées, des villages se vident, les routes sont coupées et les accès humanitaires limités. Pour les civils, cette formation accrue des troupes est une lueur d’espoir ; mais dans les camps de déplacés, beaucoup attendent des résultats concrets : « On entend que l’armée est formée, mais quand est-ce que cela arrêtera nos nuits de peur ? », interroge Mamadou K., père de trois enfants dans le territoire de Djugu.
Les observateurs sécuritaires estiment que renforcer la formation est nécessaire, mais pas suffisant : la logistique, le renseignement humain, la cohésion inter-armées et l’implication des populations locales seront les clés d’une amélioration durable de la situation.
En définitive, l’Ituri reste à la croisée des chemins : d’un côté, des efforts visibles pour restaurer l’ordre, de l’autre, une menace diffuse qui s’enracine. Pour la RDC, la stabilisation de ces zones est incontournable si le pays entend offrir à tous ses citoyens une sécurité digne de ce nom.
Salvatrice Kaloni
