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La RDC met en place des quotas stricts pour le cobalt et menace d’interdire définitivement les exportateurs non conformes

KINSHASA — Face à la chute puis au rebond des prix du cobalt en 2025, la République démocratique du Congo a annoncé un système de quotas pour réguler les exportations du minerai stratégique et menacé des interdictions permanentes pour les entreprises qui enfreindraient ces règles. Le plafonnement pour le reste de 2025 est fixé à 18 125 tonnes, tandis que les quotas annuels prévus pour 2026-2027 s’établissent à 96 600 tonnes par an. Ces décisions ont été confirmées par la présidence et reprises par plusieurs agences internationales.

Le président Félix Tshisekedi a justifié la mesure comme une réponse « aux stratégies prédatrices sur le marché » et pour améliorer la traçabilité et la valeur ajoutée locale. Le régulateur ARECOMS (autorité en charge des matières stratégiques) a indiqué que les quotas seront attribués en fonction des historiques d’exportation et que 10 % seraient réservés à des projets stratégiques nationaux. Des mécanismes de révocation des quotas pour non-respect (non-conformité environnementale, transferts illicites) ont aussi été annoncés. 

Les réactions des acteurs internationaux sont contrastées : certains grands producteurs ont dit comprendre la nécessité d’un cadre pour stabiliser les prix, d’autres, notamment des groupes chinois, ont exprimé des préoccupations quant à la mise en œuvre et la distribution des droits d’exportation. Les experts notent que la capacité de la RDC à appliquer ces règles dépendra de sa gouvernance interne et de la capacité à contrôler l’extraction artisanale souvent hors circuits formels. 

Pour l’économie congolaise, ce dispositif représente une tentative de capturer davantage de valeur et de sécuriser les recettes à un moment où les marchés mondiaux des batteries et des véhicules électriques subissent des ajustements. Mais l’enjeu reste la cohérence entre les objectifs macro-économiques et la réalité opérationnelle sur le terrain, contrôle des flux, traçabilité, et intégration des petits exploitants dans la chaîne légale

Salvatrice Kaloni