KIGALI / KINSHASA — Le commandement militaire congolais a annoncé lundi que deux officiers et 36 combattants du mouvement rebelle M23 se sont rendus et ont déposé les armes dans plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu. Le major Dieudonné Kasereka, porte-parole de la 34ᵉ région militaire, a confirmé la reddition lors d’un point avec des journalistes, précisant que plusieurs des combattants déclarent avoir été enrôlés de force.

La reddition intervient dans un contexte tendu où des pourparlers et des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu ont été évoqués par les parties et médiateurs régionaux. Un accord pour créer un organe de surveillance du cessez-le-feu, négocié à Doha, prévoit la participation d’acteurs régionaux et de MONUSCO pour la coordination logistique un cadre que Kinshasa cite désormais comme référence pour le suivi des engagements.
Des ONG locales ont cependant appelé à la prudence : elles notent que des désertions partielles n’excluent pas de nouvelles recrudescences et que la protection des civils doit rester prioritaire. Les témoignages recueillis par des humanitaires indiquent que les populations locales continuent de subir déplacements, extorsions et violences, et que la vérification indépendante des allégations de reddition est essentielle pour garantir la sécurité des personnes rendues. 
Les autorités militaires ont déclaré que les combattants déposés font l’objet d’un triage et d’un programme de démobilisation et réinsertion, mais les détails (lieux précis de remise, calendrier de réinsertion, garanties de sécurité) n’ont pas encore été rendus publics. La communauté internationale suit la situation, insistant sur la nécessité d’un contrôle transparent et d’un soutien humanitaire renforcé dans les zones affectées.
Salvatrice Kaloni
