Kinshasa, 20 octobre 2025 (New Time News) —C’est un moment d’émotion et d’histoire que la capitale congolaise a vécu ce week-end. Mike Tyson, légende vivante de la boxe mondiale, est arrivé à Kinshasa pour participer aux célébrations du cinquantenaire du mythique combat “Rumble in the Jungle”, qui opposa Muhammad Ali à George Foreman le 30 octobre 1974.
Mais au-delà de la commémoration sportive, cette visite revêt une dimension profondément symbolique : Tyson est venu renouer avec ce qu’il appelle désormais “les racines congolaises de ma force intérieure”.
L’ancien champion du monde des poids lourds, accueilli à l’aéroport international de N’djili sous les acclamations d’une foule dense, a déclaré devant la presse :
“Kinshasa, c’est ici que le monde a vu la boxe devenir plus qu’un sport : un cri de liberté, un souffle africain. Je suis ici pour honorer cette histoire et pour dire merci à ce continent qui m’a inspiré.”

À ses côtés, plusieurs figures du sport congolais, notamment le boxeur Junior Ilunga Makabu et l’ancien champion de kick-boxing Christian Mbilli, ont salué “un frère revenu à la maison”.
Le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, a lui aussi insisté sur “la continuité entre la force morale d’Ali, la discipline de Tyson et la résilience du peuple congolais”.
Cinquant ans après le légendaire combat organisé par Mobutu Sese Seko, Kinshasa revit l’éclat de cette époque dorée où la ville s’était transformée en capitale mondiale du sport et de la culture africaine.
En octobre 1974, Muhammad Ali avait terrassé George Foreman au 8ᵉ round sous les cris de “Ali boma ye !”, “Ali, tue-le !” un chant devenu symbole d’un peuple africain en quête de dignité et de reconnaissance internationale.
Le gouvernement congolais a profité de ce cinquantenaire pour réhabiliter le stade du 20 Mai, rebaptisé stade Tata Raphaël, et y installer une exposition permanente retraçant la saga Ali-Foreman, la musique de l’époque et la mémoire de ceux qui ont fait de cet événement un repère universel.
Mike Tyson y a déposé une couronne symbolique en mémoire d’Ali, déclarant :
“Ali m’a appris que la boxe n’est pas qu’une affaire de poings, c’est une affaire d’esprit. Son combat ici à Kinshasa a changé ma vie avant même que je sois un champion.”
Durant sa visite, Mike Tyson a également rencontré des jeunes boxeurs congolais dans le centre sportif de Matete. Loin des caméras, il leur a livré un message inspirant :
“Vous êtes les héritiers d’Ali et de Foreman. Vous devez vous battre non pour la gloire, mais pour l’honneur de votre peuple.”
Cette rencontre s’inscrit dans un programme de coopération entre la Fédération congolaise de boxe et plusieurs académies américaines. L’objectif est de créer un centre de formation régional pour les jeunes talents d’Afrique centrale, financé conjointement par des mécènes africains et des partenaires américains.
Le président Félix Tshisekedi, qui devrait rencontrer Tyson ce mardi, a salué “une visite emblématique de la réconciliation entre la mémoire sportive et la diplomatie culturelle”.
Mike Tyson, aujourd’hui âgé de 59 ans, a confié qu’il souhaitait approfondir ses liens avec l’Afrique centrale, évoquant même des racines congolaises lointaines découvertes dans des recherches généalogiques.
“Quand j’ai appris que mes ancêtres pourraient venir du bassin du Congo, j’ai compris pourquoi j’ai toujours ressenti une énergie particulière pour ce continent. Revenir ici, c’est comme boucler le cercle de ma vie.”
Cette déclaration a profondément ému les Kinois, qui ont réservé à “Iron Mike” un accueil mêlant admiration et fraternité.
Des artistes congolais, dont Fally Ipupa et Innoss’B, ont participé à un concert-hommage organisé samedi soir au bord du fleuve Congo, reprenant le slogan : “De Kinshasa au monde, le cœur de la boxe bat ici.”
La visite de Mike Tyson ne se limitera pas à la commémoration. Selon les autorités, une fondation “Ali-Foreman Legacy – Kinshasa 1974” verra le jour pour soutenir l’éducation sportive, la formation des jeunes et la promotion des arts de combat.
Le projet, soutenu par l’UNESCO et la Confédération africaine de boxe, devrait inclure un musée interactif, des programmes de bourses et des tournois internationaux organisés chaque année à Kinshasa.
« Cinquante ans après Ali et Foreman, nous écrivons un nouveau chapitre où le sport devient un outil de paix, d’identité et de développement », a conclu le ministre des Sports.

Alors que Kinshasa s’illumine aux couleurs de la mémoire, le retour de Mike Tyson marque plus qu’un simple hommage : c’est une reconnexion entre l’Afrique et la diaspora, un appel à la fierté et à la transmission.
Le “Rumble in the Jungle” fut un combat de boxe ; le “Rumble of the Soul” de Tyson, lui, est un combat pour les racines et la mémoire.
Salvatrice Kaloni
