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Un activiste de LUCHA condamné à Tshopo, la pression sur les libertés s’accentue

Kisangani / Tshopo, 9 octobre 2025 (New Time News)Jedidia Mabela, militant du mouvement citoyen LUCHA, a été condamné à six mois de prison et à une amende d’environ 1.500.000 francs congolais à la suite d’un sit-in devant l’Assemblée provinciale à Kisangani. La plainte porte à la fois sur l’organisation de la manifestation et sur des allégations d’ingérence du gouverneur Paulin Lendongolia dans le déroulement du procès.

Cette condamnation intervient dans un contexte local de plus en plus tendu entre les autorités provinciales et acteurs civiques, notamment ceux qui critiquent la gestion de la gouvernance locale. LUCHA et ses soutiens dénoncent une “justice instrumentalisée” pour intimider les critiques du pouvoir.

Les avocats de l’activiste assurent que le jugement a été « dicté » par la gouvernance politique locale, et non sur la base d’un dossier impartial. Pour les défenseurs des droits humains, ce type de décisions pourrait créer un précédent dangereux dans la restriction des libertés fondamentales.

Si les critiques sur les libertés civiques et de manifestation se multiplient, cela pourrait affecter l’image du gouvernement auprès des bailleurs internationaux et des organismes de défense des droits, sensibles à ces reculs éventuels.

Salvatrice Kaloni

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“André Wameso Nkualoloki présente sa vision à la BCC : revalorisation du franc, lutte contre la dollarisation et appui aux agents”Kinshasa, 25 août 2025 (New Time News) — Lors de sa première prise de parole officielle à la Banque centrale du Congo (BCC), le nouveau gouverneur, André Wameso, a dévoilé sa stratégie pour restaurer la confiance dans la monnaie nationale, le franc congolais, et réduire la forte dépendance aux devises étrangères. Dans une intervention dense, il a défini plusieurs axes prioritaires à court et moyen terme, en insistant sur la monétisation locale, la stabilisation monétaire et le renforcement des capacités internes de la BCC.« On ne peut pas avoir une politique monétaire aussi efficace soit-elle dans un environnement où plus de 80 % des transactions se font en monnaie étrangère », a déclaré M. Wameso, soulignant l’ampleur du défi face à la dollarisation structurelle de l’économie congolaise. La priorité affichée est de revaloriser le franc congolais. Wameso a appelé à une « prise de conscience collective » : non seulement les techniciens de la BCC, mais les citoyens, les opérateurs économiques et les banques doivent retrouver la fierté d’utiliser la monnaie nationale. « Le plus grand défi d’une institution monétaire, c’est de rendre les congolaises et congolais fiers d’utiliser leur monnaie », a-t-il lancé. Il a aussi proposé des mesures concrètes : · Favoriser la préférence du franc congolais dans les transactions nationales, notamment en encourageant les crédits et les opérations en monnaie locale; · Instaurer des instruments d’épargne et de dette libellés en franc, comme des bons de la BCC ou du Trésor, afin d’offrir des alternatives crédibles au dollar ; · Renforcer les capacités du personnel de la banque : formation, soutien social, réformes internes pour améliorer l’environnement de travail. Par ailleurs, dans un geste symbolique et technique, la BCC, sous sa gouvernance, a réalisé une vente de devises de 50 millions de dollars américains aux banques commerciales à un taux de 2 776 francs congolais, dans le but d’apaiser les tensions sur le marché des changes et de stabiliser le franc. Le communiqué mentionné au nom de M. Wameso indique que cette opération vise à “stabiliser la monnaie nationale”. (ACP)Dans un entretien avec Bloomberg, le gouverneur est allé plus loin en affirmant que rétablir la crédibilité du franc congolais et inverser des décennies de dépendance au dollar seront des axes structurants de sa gouvernance. « La souveraineté monétaire n’est pas possible si les ménages, les entreprises et même l’État considèrent le dollar comme l’unité de compte de référence », y a-t-il souligné. (Ecofin Agency) Cependant, le chemin sera ardu. Selon les données citées par le FMI, entre 85 et 90 % des prêts bancaires et 95 % des dépôts sont libellés en devises étrangères un état de fait qui restreint la marge d’action de la politique monétaire locale. Enjeux et risques associés La démarche de M. Wameso s’inscrit dans un contexte où l’économie congolaise traverse des fluctuations monétaires, poussées inflationnistes et pressions externes. Si sa stratégie porte ses fruits, elle pourrait restaurer une plus grande autonomie monétaire, renforcer le rôle de la BCC comme pilier de confiance et encourager la réappropriation du franc. Mais les obstacles sont nombreux : la conversion d’habitudes économiques profondément ancrées (utilisation massive du dollar), la résistance potentielle des acteurs bancaires et importateurs, et la nécessité d’un pilotage rigoureux de la politique monétaire sans créer de déséquilibres.Le succès dépendra aussi de la crédibilité institutionnelle de la BCC, de sa capacité à communiquer et d’un alignement étroit avec les politiques budgétaires et de développement du gouvernement congolais.