AccueilActualitéBruxelles : Tshisekedi interpelle Kagame et appelle à la désescalade

Bruxelles : Tshisekedi interpelle Kagame et appelle à la désescalade

Bruxelles, 9 octobre 2025 (New Time News) – En visite officielle à Bruxelles, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a adressé un message ferme mais conciliant à son homologue rwandais, Paul Kagame, dans un contexte de vives tensions diplomatiques et militaires entre Kinshasa et Kigali. « Arrêtons cette escalade », a déclaré le chef de l’État congolais, soulignant que seule la voie du dialogue pouvait éviter une aggravation de la crise dans la région des Grands Lacs.

Depuis près de trois ans, l’Est de la RDC est le théâtre de combats intenses entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le mouvement rebelle du M23, accusé par Kinshasa et par plusieurs rapports onusiens d’être soutenu militairement et financièrement par le Rwanda. Kigali, de son côté, rejette ces accusations et affirme défendre ses intérêts sécuritaires face à la présence de groupes armés hostiles opérant depuis le territoire congolais.

S’exprimant devant un parterre de diplomates européens et africains réunis dans la capitale belge, Tshisekedi a martelé que la paix régionale restait « un impératif » et a exhorté Kigali à « privilégier la voie de la coopération et non celle de la confrontation ». « Nous ne pouvons pas continuer à exposer nos populations à des souffrances inutiles », a-t-il ajouté, rappelant les conséquences humanitaires désastreuses des combats, qui ont déjà provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Le président congolais a également interpellé la communauté internationale, qu’il appelle à jouer un rôle plus actif dans la résolution de la crise. L’Union européenne, hôte de cette rencontre, a réitéré sa disponibilité à soutenir toute initiative diplomatique visant à rapprocher Kinshasa et Kigali. De son côté, l’Union africaine a rappelé son attachement aux mécanismes régionaux de médiation, tels que le processus de Luanda et la feuille de route de Nairobi, souvent restés sans suite concrète.

Analystes et observateurs notent que le ton adopté par Tshisekedi à Bruxelles contraste avec ses précédentes prises de position, parfois plus offensives vis-à-vis de Kigali. Cette nuance laisse entrevoir la volonté de Kinshasa de rallier davantage ses partenaires européens et africains autour d’un front diplomatique commun, tout en maintenant la pression politique sur Paul Kagame.

En toile de fond, les relations entre la RDC et le Rwanda demeurent l’un des principaux foyers d’instabilité du continent africain. Les initiatives de paix lancées depuis 2022 peinent à porter leurs fruits, et la méfiance réciproque reste profonde. Pour Tshisekedi, la rencontre de Bruxelles devait donc servir non seulement à alerter, mais aussi à rappeler que la stabilité des Grands Lacs passe par un engagement sincère de toutes les parties.

« L’histoire nous jugera sur notre capacité à choisir la paix plutôt que la guerre », a conclu le président congolais, dans une formule destinée autant à Paul Kagame qu’aux partenaires internationaux présents dans la salle.