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Kinshasa : montée inquiétante de la criminalité urbaine, la capitale en état d’alerte

Kinshasa traverse une flambée de violences urbaines : agressions à main armée, vols à l’arraché et extorsions se multiplient dans plusieurs communes. Les autorités promettent une réponse ferme, mais les Kinois réclament des mesures durables.

Kinshasa, 26 septembre 2025.

La capitale congolaise, déjà accablée par des problèmes d’infrastructures et d’accès aux services, doit désormais composer avec une recrudescence de la criminalité organisée. En l’espace d’une semaine, 17 agressions armées ont été répertoriées dans les communes de Masina, Kimbanseke et Limete. Les victimes : commerçants, passagers de taxi-motos et usagers de marchés.

Les bandes, parfois qualifiées sur les réseaux sociaux de « Kulunas nouvelle génération », opèrent en plein jour et emploient désormais des armes à feu, susurrant une montée d’escalade du crime.

« Ils ont surgi, masqués, et ont pris tout ce qu’ils pouvaient », raconte Mado Ngoyi, habitante de Kimbanseke. Les vidéos qui circulent montrent des scènes d’attaques furtives : boutiques fracturées, clients ligotés, et passants agressés.

La peur est tangible : taxis collectifs refusent désormais certains itinéraires, et les marchés s’obscurcissent plus tôt, freinant le commerce de proximité.

La Police nationale congolaise (PNC) a lancé une opération nationale baptisée Zéro Tolérance. Le général Kasongo Kabongo a annoncé le renfort de 500 agents, des contrôles renforcés et des actions ciblées contre les têtes connues du grand banditisme. Un « numéro vert » a été mis en place pour les signalements urgents.

Mais des Kinois se demandent si ces mesures ponctuelles suffiront sans un renforcement du système judiciaire et des politiques sociales adressant la pauvreté et le chômage juvénile.

Spécialistes et ONG mettent en avant plusieurs causes : chômage massif parmi les jeunes, faiblesse du système éducatif, prolifération d’armes légères et fracture sociale grandissante. « C’est aussi une question de gouvernance urbaine », souligne Prof. Blaise Matondo (Université de Kinshasa) : « éclairage, transport, emploi et justice doivent être traités de front. »

Associations de commerçants et comités de quartiers appellent à une « stratégie globale » : plus de patrouilles de proximité, programmes d’insertion pour les jeunes, circuits judiciaires accélérés, et meilleure coordination entre police, municipalités et services sociaux.