AccueilSanté & Bien-êtreLancement officiel du vaccin R21 contre le paludisme, un espoir pour des...

Lancement officiel du vaccin R21 contre le paludisme, un espoir pour des millions d’enfants

Le gouvernement éthiopien a lancé ce 23 septembre une vaste campagne de vaccination contre le paludisme grâce au vaccin R21, récemment approuvé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une étape majeure dans la lutte contre une maladie qui reste l’une des principales causes de mortalité infantile dans le pays et dans la région.

Addis-Abeba, 24 septembre 2025.

L’Éthiopie a franchi une étape historique dans la lutte contre le paludisme, l’une des maladies les plus meurtrières du continent africain. Lors d’une cérémonie officielle à Addis-Abeba, la ministre de la Santé, Dr Lia Tadesse, a annoncé le lancement du vaccin R21/Matrix-M, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India.

Ce vaccin est considéré comme une avancée majeure après des décennies de recherche et d’échecs partiels dans la mise au point d’un vaccin efficace contre le paludisme.

« Le paludisme ne sera plus une fatalité pour nos enfants. Avec le R21, nous avons enfin un outil puissant pour réduire drastiquement la mortalité », a déclaré la ministre devant un parterre de responsables de la santé, de partenaires internationaux et de représentants de l’OMS. Le paludisme reste un problème de santé publique majeur en Éthiopie.

Selon les données du ministère de la Santé, près de 3 millions de cas sont enregistrés chaque année, principalement dans les régions humides et rurales du pays, comme Oromia, Gambela et les zones proches de la vallée du Rift.

La maladie touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, catégories les plus vulnérables aux complications graves.

En 2023, le paludisme aurait causé plus de 40 000 décès dans le pays, un chiffre que les autorités espèrent réduire de moitié d’ici 2027 grâce à l’introduction du R21.

« J’ai perdu deux enfants à cause du paludisme. Si ce vaccin peut éviter cette douleur à d’autres mères, c’est une bénédiction », confie Selamawit Bekele, une habitante de Gambela, venue assister au lancement officiel.

Le R21 représente une amélioration significative par rapport au RTS,S, premier vaccin contre le paludisme déployé en Afrique en 2021.

Selon les essais cliniques menés au Burkina Faso et au Kenya, le R21 offre une efficacité de 75 %, contre environ 50 % pour le RTS,S.

Il se distingue également par son coût réduit, estimé à seulement 3 dollars par dose, rendant son déploiement plus accessible pour les pays à revenu faible ou intermédiaire.Chaque enfant recevra quatre doses, administrées sur une période de deux ans, pour assurer une protection durable.

« L’Éthiopie devient l’un des premiers pays à intégrer le R21 dans son programme national de vaccination, ce qui pourrait changer la donne dans la région », explique Dr. Samuel Getachew, représentant de l’OMS en Éthiopie.

Le gouvernement éthiopien prévoit de vacciner 5 millions d’enfants d’ici la fin de 2026.

La première phase concerne 15 districts pilotes répartis dans les régions les plus touchées par le paludisme.

Des équipes mobiles ont été déployées pour atteindre les zones reculées, parfois difficiles d’accès en raison des infrastructures limitées et des tensions locales.

Le financement de cette campagne est assuré grâce à un partenariat entre l’État, l’OMS, l’UNICEF et le Fonds mondial de lutte contre le paludisme.

L’Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, a salué cette initiative comme un modèle pour d’autres pays du continent.

Le succès de cette initiative pourrait avoir un effet domino dans la Corne de l’Afrique.

Des pays voisins comme le Soudan du Sud, la Somalie et l’Érythrée envisagent déjà de rejoindre le programme de vaccination avec le R21.Selon les experts, si ce vaccin est déployé massivement, il pourrait sauver plus de 400 000 vies par an à l’échelle du continent africain.

« Nous sommes peut-être à l’aube d’un tournant historique dans la lutte contre le paludisme. Ce vaccin, associé à la distribution de moustiquaires et aux traitements antipaludiques, peut transformer la santé publique en Afrique », estime Pr. Amina Diallo, chercheuse en santé globale basée à Nairobi.

Pour les familles éthiopiennes, ce vaccin représente bien plus qu’une avancée scientifique : c’est une promesse d’avenir, dans un pays où la lutte contre la pauvreté et les maladies reste une priorité nationale.